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Christophe Bailleau, parcours dans les brumes électro-vidéo
Entretien avec Christophe Bailleau, jeune créateur sonore et visuel français travaillant à Bruxelles, à l'occasion de sa performance durant les Netd@ys Wallonie-Bruxelles 2003
Philippe Franck : Depuis les premiers pas industriels chez Staalplaat, votre projet plus catchy Glyth et, en parallèle, la collaboration avec le groupe electro-pop Neven et bientôt un album annoncé au Cri de la Harpe, votre démarche musicale a considérablement évolué jusqu'à se rapprocher d'univers que ne renieraient pas des têtes chercheuses comme Oval ou Main (avec lequel une collaboration est envisagée prochainement). Comment s'est opéré cette muta-son?
Christophe Bailleau : J'ai commencé par faire des morceaux plutôt expérimentaux, mais avec des élements électro, dark–ambient (j'étais très influencé par des groupes comme Coil, Nurse with Wound). Puis j'ai pris en marche la vague techno et produit quelques morceaux électros, mais je m'aperçois finalement que c'était plutôt pour le fun, et pour le plaisir du live mais aussi de voir les gens danser. Mais au fur à mesure que les albums de Glyth s'enchaînnaient, je réalisais que je perdais une certaine substance, une certaine vérité;
je ne renie pas du tout cette époque, mais au fond de moi, il fallait que j'expérimente autre chose, et aussi revenir à la guitare, me remettre à travailler seul m'a permis de me retrouver, et de faire finalement la musique que j'ai toujours voulu faire, sans compromis, à la fois
simple et délicate, enfin je l'espère...
Comment intégrez-vous la guitare dans vos nouvelles pièces?
J'intègre la guitare de différentes manières : soit elle est très présente sans qu'elle soit trop filtrée, elle a la première place, soit elle devient un son de base a la composition, en arrière-plan; il y a un morceau, orage, qui est fait à partir d'un seul petit riff de ma guitare folk (je n'utilise pas l'électrique, j'aime le son rêche, parfois même ingrat, de l'acoustique), multiplié, stretché, mais pas coupé, de manière minimale, dans un séquenceur, comme le font beaucoup dans la musique électronique. Chacun sa formule...partir de rien, mais pas arriver forcement a du minimal, il m'arrive d'apprécier l'illusion de quelque chose de presque symphonique, mais à l'état squelettique.
Comment concevez vous le rapport image/son dans une performance comme celle que vous allez donné prochainement dans le festival Netdays au Petit Théâtre Mercelis?
Je ne conçois pas ma musique par rapport à mes images, ni mes images par rapport à ma musique; je ne cherche pas que les deux médias s'adaptent; ou alors ils s'adaptent parce qu'il n'ont pas le choix; j'aime la confrontation, ou plutôt que les images et la musique se retrouvent ensemble sans qu'ils le veuillent; il y a un coté un peu agressif dans le fait que les images soient parfois volontairement non synchrones avec la musique, chacun vit sa vie, et parfois ils se rencontrent. Mais fatalement, il y a des moments ou l'on croit qu'ils ont été mariés, car les
deux ont été créés par la même personne. Je ne veux pas d'images illustratives, mais plutôt contemplatives; simples, presque mystiques, mais pas encore religieuses....
Vos images semblent s'attacher à des détails quasi naturalistes, une certaine simplicité sans effets assez organique...comment vous situez-vous en tant qu'artiste multimédia ou visuel?
J'ai effectivement du mal à me situer, déjà parce que je travaille de manière très isolée, bien que l'univers des films de mon amie soit assez proche du mien. J'aime les films dépouillés, peu narratifs, modernes, actuels disons, mais je n'aime pas non plus lorsque la technique supplante le regard. Je débute en tant que vidéaste mais je prend beaucoup de photos, et l'un nourrit l'autre; peut être vais je faire plus de photos dans l'avenir, ou me remettre a réaliser des courts métrages (j'en ai réalisé deux à ce jour : La pause et Inconsolable). Je ne veux pas devenir un VJ, ni un réalisateur mais continuer à avoir le même regard en photo, vidéo que dans ma musique, ou alors travailler sur les différences entre des médiums variés.
Vous vivez, travaillez et étudiez (à l'Ecole de Recherche Graphique en ce moment) à Bruxelles, comment cette ville inspire-t-elle ou pas votre démarche créative?
Je ne peux pas dire que la ville de Bruxelles soit la base de mon inspiration. Ce serait plutôt son absence, ou mes séjours fréquents à la campagne. J'aime les lieux isolés, abandonnés, là où le rythme est différent. Il faut passer par la ville pour se rendre compte de ses différences, donc Bruxelles est sûrement pour quelque chose dans mon travail ; je vis là! Je pense que ce coté un peu flou, sorte de brouillard continuel qui régit cette ville inspire ma musique....
Philippe FRANCK,
Publié le 2003-11-13
Source Texte : www.transcultures.net
Genre : entretien
Thème(s) : musique, vidéo, multimédia,
Mot(s) Important(s) : musique, musique électronique, multimédia, vj, Bruxelles, guitare,
Artiste(s) : Philippe FRANCK (rédacteur), Christophe BAILLEAU (créateur multimédia), NEVEN (groupe de musique), CRI DE LA HARPE (label), COIL (groupe de musique), NURSE WITH WOUND (groupe de musique),
Passage(s) :
Source Artishoc : Transcultures - http://www.watoo.net/beta/transq
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