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Venus Planète claire




Le batteur de Vénus, groupe de rock belge, nous parle des expériences artistiques préalables au groupe, de la sobriété de leur scénographie, de l'utilisation d'instruments acoustiques et du « son belge »


Après deux maxis et l'album Welcome to the modern dance hall, « Venus » s'est ouvert une brèche vers une diffusion internationale en réussissant habilement à louvoyer entre une éthique indépendante et une production pop-rock accessible au plus grand nombre. Contrebasse, guitare sèche, violon, chant et percussions se conjuguent sobrement dans un romantisme contrôlé et des mélodies classiques peu datées qui ont un petit goût de revenez-y. Entretien avec Thomas Van Cottom, batteur-bateleur vénusien sans charleston et avec grosse caisse sans grosse tête.
"Venus" n'est pas exactement un groupe de jeunes musiciens. Chacun de vous a eu des expériences artistiques préalables marquantes.
Venus : Marc Huyghens, le chanteur, vient de So, le deuxième groupe signé sur Bang! après Deus qui a splitté depuis. Christian Schreurs a joué dans le projet “Laconique" qui devait sortir sur Lithium, la maison de disques de Dominique A. Walter Janssens (contrebasse) et Patric Carpentier sont au départ des acteurs. Patric s'occupe du visuel. Pour ma part, je suis un des trois zigomards de "Rawfrücht" et ai participé à “Juniper Boots” (deux maxis de rock parfois brouillon avec une âme sont sortis chez Bang! avant la séparation définitive du groupe - NDLR) et puis Marc m'a contacté en 1997 pour rejoindre Venus.
Le rock est par nature une musique et une pratique théâtralisantes. Avec l'apport de Patric Carpentier, vous avez pris en compte l'aspect scénographique. Comment l'envisagez-vous?
Souvent ce côté théatrâlisant maniéré du rock auquel tu fais référence ne rime pas à grand chose. Fréquemment la scénographie ou la mise en scène écrase la musique plus qu'elle ne la porte. Nous utilisons des trucs très simples, une loupiote, une toile de fond ; plus c'est " bricolé ", plus cela me plaît. Ce choix nous permet de rester indépendants de la structure dans laquelle on joue. C'est un peu comme si on recréait notre petit appartement, avec un côté " cosy " et intime, on s'y sent à l'aise. La scénographie doit permettre aux gens de rentrer plus facilement dans la musique. Mais rien n'est vraiment calculé sur scène. Il n'y a à proprement parler aucun travail théâtral.
Pour quelles raisons avez-vous choisi de jouer uniquement avec des instruments acoustiques à l'époque de la techno et du sampling?
Ce n'est ni un concept ni un postulat. Simplement, les instruments acoustiques se sont imposés d'eux-mêmes. Quand tu débutes dans la musique, les influences se superposent et tu as plutôt tendance à en rajouter pour sonner plus gros ; tu veux donner un effet de puissance alors tu branches la distorsion, etc. On voulait éviter cette facilité là avec une formule dénudée, plus crue, à deux instruments à cordes et deux autres frappés avec plus de jeux mélodiques et harmoniques. On s'amuse beaucoup à changer les rôles habituellement assignés aux instruments et à les redéfinir. C'est une démarche. Et puis il faut aussi reconnaître qu'aucun d'entre nous ne sait comment fonctionnent les machines. Notre choix acoustique nous pousse aussi à aller plus loin dans notre travail pour faire sonner ces chansons ; cela nécessite une grande cohérence pour arriver à combler les vides harmoniques occasionnés par le spectre de ces instruments. Peut-être qu'un jour, on changera de cap quand on aura fini cette recherche mais il y a encore beaucoup de terrains à exploiter.
Il y a je ne sais quoi de belge dans votre musique qui transcrit la simplicité et l'humour du quotidien avec une énergie pas ostentatoire et, en même temps, l'aspect internationaliste d'une chanson pop rock quasi classique, bien balancée...
On se réfère souvent à nous comme faisant partie d'une nouvelle scène belge (la famille "Deus" et les autres). Du coup, ça nous y a fait réfléchir. Il n'y pas de tradition belge forte. Les Belges sont au confluent de plein d'informations, musiques anglo-sa-xonnes, chanson française... Notre culture se nourrit de toutes les autres. C'est ce “melting pop” qui définit le "son belge". En Angleterre, c'est plus facile, il pleut et il fait mauvais tout le temps. Chez nous, on passe de l'arc-en-ciel à la pluie, la musique de notre plat pays est également tempérée et c'est ce qui fait sa richesse.

Philippe FRANCK,
Publié le 1999-10-15

Source Texte : Culture Passe

Genre : entretien
Thème(s) : musique,
Mot(s) Important(s) : Belgique, Rock, musique, scénographie, acoustique,
Artiste(s) : VÉNUS (groupe de musique), Thomas VAN COTTOM (musicien), Philippe FRANCK (rédacteur), Walter JANSSENS (musicien), Christian SCHREURS (musicien), Patric CARPENTIER (musicien), Marc HUYGHENS (musicien), SO (groupe de musique), LITHIUM (label), BANG! (label), DEUS (groupe de musique),
Passage(s) :
Source Artishoc : Transcultures - http://www.watoo.net/beta/transq

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