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Transe congolaise, entre ethnique et techno


Tambours de Brazza



Dans un de leurs spectacles, Les Tambours de Brazza font dialoguer des rythmes ancestraux avec le Beat contemporain, accomplissant une fusion entre la tradition et la modernité


En faisant dialoguer des rythmes ancestraux avec le beat contemporain, l'étonnant combo du Congo accomplit une intelligente fusion de la tradition et de la modernité, produisant un alliage culturel absolument irradiant. Ces pyromanes festifs brûlent littéralement les planches, donnant voix et corps à leurs tambours, dansant et chantant avec une chaleur torride. Chacune de leurs toniques performances agit comme une vitale distribution d'énergie.
Lors des concerts, les héros se nomment ngoma, n'koonzi, ngoongui, kisaansi et balafon, vaste panoplie d'instruments à percussions africains. Leur manipulation constitue un singulier spectacle où les percussionnistes effectuent une danse intense avec leur instrument, véritable seconde peau. D'un bout à l'autre du concert, le groupe instaure une irrésistible communication non verbale avec le public, par le truchement d'un langage universel décliné à coups de mains, regards, rires, cris, chants et moult applaudissements. Cette réaction en chaîne crée un enthousiasme radieux capable d'illuminer les salles les plus sombres. A Brazzaville, le groupe joue un rôle de formation musicale et sociale important. Malgré leur cruel manque de moyens, leur spectacle itinérant est loin d'apparaître comme un tohu-bohu de bazar. Au contraire, la troupe a soigneusement travaillé les multiples aspects scéniques, jusqu'à transfigurer le savoir-faire ancestral en un sidérant festival visuel. « Nous avons beaucoup travaillé à la mise en scène, qui est très importante, ainsi qu'à la chorégraphie », rappelle Emile Bayenda, le batteur et leader qui s'était fait connaître grâce à ses recherches sur le patrimoine musical centrafricain. C'est en grande partie à lui que l'on doit le syncrétisme expérimental réalisé par le groupe.
Versant folklore : l'ensemble de tambours traditionnels enchaîne frénétiquement des rythmes glanés auprès d'une cinquantaine d'ethnies congolaises.
Versant modernité : les percussionnistes sont soutenus par une section rythmique moderne assurée par le batteur-meneur ainsi qu'une charmante bassiste qu'on a coutume d'apercevoir aux côtés des reines de la world music made in Belgium, à savoir les Zap Mama. Cet apport accomplit une manière d'aggiornamento du patrimoine musical d'Afrique centrale, en enrichissant les échos ethno-acoustiques de tonalités jazz soutenues par une métronomie rap ou techno. Le groupe s'augmente encore de deux chanteurs dont le répertoire oscille insensiblement de chants tribaux et d'histoires de griots à un phrasé virtuosement jazz ou à une scansion résolument hip-hop.
Mais inutile de s'étendre davantage : le désarmant bonheur qu'ils affichent lors de leurs démonstrations scéniques se passe de tam-tam.

Olivier HENEGOUWEN,
Publié le 2001-01-17

Source Texte : Culture Passe n.29, p.8

Genre : analyse
Thème(s) : musique,
Mot(s) Important(s) : musique, Afrique, Percussions, Jazz, électronique,
Artiste(s) : TAMBOURS DE BRAZZA (groupe de musique), Olivier HENEGOUWEN (rédacteur), Emile BAYENDA (musicien), ZAP MAMA (groupe de musique),
Passage(s) :
Source Artishoc : Transcultures - http://www.watoo.net/beta/transq

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