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Corps polyphonique en folie sonique


Compagnie Michèle Noiret



A l'occasion de la sortie de In Between, spectacle qui fait usage des nouvelles technologies en matière d'image et de son, la chorégraphe Michèle Noiret nous parle de son projet Twelve seasons et de son approche chorégraphique en général, à la recherche de l'humanité vécue.


Sur le fil d'une bande son électronique donnant chair à la danse et dans un dispositif visuel conçu par Paolo Atzori, In Between nous plonge dans une perception visuelle radicalement plurielle où le danseur démultiplié et fragmenté n'en garde pas moins une troublante humanité. Rencontre avec une chorégraphe chercheuse.

- In Between est la première étape d'un grand projet nommé Twelve Seasons, prévu pour 2001. Pouvez-vous nous en parler ?

Michèle Noiret : Twelve Seasons est un projet qui devait réunir beaucoup de choses : la danse, le travail sur les structures musicales du compositeur Karlheinz Stockhausen, une recherche sur l'image et le son. J'ai préféré scinder ces différents champs d'investigation et c'est ainsi qu'est né In Between qui intègre plutôt l'aspect nouvelles technologies. En fin de compte, In Between est devenu une création tout à fait indépendante.

- Ce projet s'inscrit dans la continuité de votre travail sur le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, avec lequel vous travailliez déjà en 1979...

Bien que In Between n'utilise pas directement la musique de Stockhausen (ce qui sera le cas de Twelve Seasons ), celle-ci nous a servi de source d'inspiration. Je travaille depuis très longtemps sur le système de notation gestuelle qu'il a inventé et qui permet de donner au corps une polyphonie vraiment fantastique.

- Vous déclarez que "la chorégraphie ne se ramène pas à une mise en scène de l'illusion du 'beau' mais elle reflète une humanité vécue". Qu'entendez-vous par là ?

L'illusion du beau, en danse, c'est la perfection plastique, la virtuosité des danseurs. Cela ne m'intéresse pas. Ce qui est beau pour moi, c'est la charge d'humanité que peut transmettre un danseur, c'est la transposition dans la chorégraphie d'un vécu intérieur.

- D'un point de vue strictement chorégraphique, quels sont les éléments-clés de votre travail ?

J'attache une grande importance à ce que la danse reflète les comportements humains et qu'on puisse sentir, à travers celle-ci l'intériorité des interprètes. J'ai également pour souci que la trame narrative soit confrontée à l'abstraction de la danse et que les "personnages" chorégraphiques se situent à la lisière du réel et de l'imaginaire.

- Depuis "Tollund" (1995) vous développez des recherches sur l'utilisation de l'image, du son ou sur le rapport du danseur à l'espace scénique. Comment ces recherches s'intègrent-elles dans cette nouvelle pièce ?

In Between est un spectacle qui fait usage des nouvelles technologies en matière d'image et de son. Ces technologies m'intéressent dans la mesure où elles permettent de prolonger le sens de la danse, de donner un nouvel horizon et une autre dimension aux perceptions sensorielles. Ceci dit, pour moi, la technologie reste un moyen et ne constitue jamais une fin en soi.


Vincent DELVAUX,
Publié le 2000-03-01

Source Texte : Culture Passe n.15, p15

Genre : entretien
Thème(s) : multimédia,
Mot(s) Important(s) : danse contemporaine, interdisciplinarité, multimédia,
Artiste(s) : Michèle NOIRET (chorégraphe), Vincent DELVAUX (rédacteur), STOCKHAUSEN (compositeur), Paolo ATZORI (créateur multimédia),
Passage(s) :
Source Artishoc : Transcultures - http://www.watoo.net/beta/transq

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